Nice - Nancy

 

 

Fiche technique

Stade de France, AS Nancy Lorraine bat OGC Nice 2 à 1 (mi-temps 1-0)

80.000 spectateurs environ

Arbitre : M. Layec

Buts :

Nancy: Zerka (22è), Kim (65è)

Nice: Vahirua (49è)

Avertissements :

Nancy: Puygrenier, Zerka, Brison

Nice: Balmont, Echouafni, Fanni

Expulsion :

Nancy: Puygrenier

Les Equipes:

Nancy : Sorin (c) - Chrétien, Puygrenier, Diakhaté, Lécluse - Biancalani, Bérenguer, Duchemin (Brison, 64è), Gavanon - Kim (Sarkisian, 92è), Zerka (Andre Luiz, 83è). Ent: P. Corréa

Nice : Lloris - Fanni (Roudet, 79è), Traoré, Abardonado, Varrault (c) - Echouafni (Bagayoko, 85è), Balmont, Rool - Vahirua (Ederson, 70è) - Koné, Bellion. Ent: F. Antonetti

 

Résumé l'Equipe

Dominateurs jusqu’à la pause, les Nancéiens n’auront pas réussi, cette saison, à finir une rencontre à onze face à Nice. Mais c’est juste après l’expulsion de Puygrenier en seconde période, alors que l’OGC Nice semblait avoir posé la main sur le match, que les Lorrains ont fait la décision. La bande à Zerka rejoint celle de Platini dans l’histoire de l’ASNL.

À force de lui parler quotidiennement de cette finale de Coupe de la Ligue, madame Correa a fini par mettre son mari dans un drôle d’état. Au coup de sifflet final, l’entraîneur nancéien a piqué hier soir un sprint incroyable, jalonné de gestes désordonnés qui donnaient une idée assez juste de ses sentiments à cet instant. C’est son premier titre de technicien et c’est seulement le deuxième pour son club. Zerka, Biancalani et Lécluse laisseront dans le palmarès de l’ASNL une trace aussi importante que la génération Platini. Nancy disputera la saison prochaine la deuxième aventure européenne de son histoire. C’est considérable pour ce club. D’autant que la délivrance survient au bout d’une partie ultra éprouvante.

Les Lorrains ont commencé par montrer une impressionnante maîtrise défensive, avant de plonger en seconde période sous le double effet de l’égalisation de Vahirua (49e) et de l’expulsion de Puygrenier (61e). Ils ont ensuite réussi à marquer une seconde fois et à tenir sous la pression parfois malhabile de Niçois, qui s’en voudront sans doute longtemps.

Les Azuréens ont manqué d’idées pour se sortir du piège nancéien. Alors que tout semblait être en place pour qu’ils estoquent tranquillement leur adversaire, ils ont fauté sur un coup de pied arrêté (66e). Ensuite, ils ont mal géré leur supériorité numérique, écartant peu le jeu et maîtrisant moyennement leurs nerfs aux moments cruciaux.

Après la pause, Nice réagit

Bien avant cela, Nice eut d’abord l’immense tort de ne pas profiter d’un impair de Gavanon, qui égara une passe en plein centre du terrain. Le contre, lancé dans la foulée par l’OGCN, alla jusqu’à la surface nancéienne, mais Puygrenier enraya le une-deux Vahirua-Koné au moment où ce dernier pensait ajuster Sorin (16e).

Ce fut la seule occasion niçoise sur action de jeu jusqu’au repos. La seule fois, surtout, où l’équipe de Frédéric Antonetti avait trouvé de l’espace pour lancer ses flèches offensives. Car l’histoire de la première période se résuma à une démonstration défensive signée ASNL. Notamment au milieu, où le triangle Gavanon-Duchemin-Berenguer avait progressivement coupé Vahirua de ses coéquipiers. En bloquant ainsi le nœud de l’autoroute niçoise, Nancy congestionnait tout le jeu adverse.

Cela fut encore plus net après l’ouverture du score signée Zerka, qui avait récupéré une frappe de Berenguer repoussée dans ses pieds par Lloris (1-0, 22e). Un but particulièrement malheureux pour Nice, puisque l’action était partie d’une touche injustement accordée aux Nancéiens. Mais un but qui récompensait l’équipe la plus compacte : jusqu’à la pause, les Lorrains, qui s’étaient aussi manifestés par deux tirs de Berenguer (5e, 35e), semblèrent maîtriser leur finale presque comme dans un rêve. Ils venaient quand même d’en finir avec 538 minutes de mutisme offensif (Nancy n’avait plus marqué depuis le 11 mars contre le PSG en championnat ; 1-1) ! Et hormis un coup franc de Bellion non cadré (38e), rien ne laissait présager la tornade qui allait les secouer dans tous les sens au retour des vestiaires.

Il suffit d’un coup franc rapidement joué par Balmont pour renverser le cours des choses : Baky Koné slaloma dans l’espace et M. Layec eut la bonne idée de laisser courir l’avantage lorsque l’attaquant niçois trouva Diakhaté sur son chemin. Le ballon fila jusqu’à Vahirua, qui égalisa d’un merveilleux intérieur enroulé dans le petit filet de Sorin (1-1, 49e).

Nancy, qui avait préservé sa cage inviolée jusque-là en Coupe de la Ligue, vécut dès lors un véritable enfer. À onze puis à dix. Car Puygrenier, coupable d’avoir laissé traîner sa main gauche sur la gorge de Vahirua, récolta un second carton jaune synonyme d’expulsion (61e). Pour la troisième fois en trois rencontres cette saison, l’ASNL devait donc terminer en infériorité numérique face à Nice.

Pablo Correa, peut-être guidé par la force de l’habitude, décida toutefois de maintenir une attaque à deux têtes. Une excellente inspiration : quatre minutes après la sortie de Puygrenier, Gavanon déposa un coup franc sur le crâne de Kim (2-1, 66e). Les joueurs niçois avaient sans doute leurs stats à jour, et ils réalisèrent donc qu’auparavant, l’avant centre brésilien avait marqué une seule fois sous le maillot au chardon. C’était le 15 octobre 2005…

En tout cas, le ressort azuréen fut sérieusement distendu par cette affaire. Dans la foulée, deux buts de Traoré (68e) et Bellion (73e) furent justement refusés pour hors-jeu. Désordonnées, les poussées niçoises approchèrent rarement la cible jusqu’au coup de sifflet final : un tir non cadré de Rool (76e), un coup franc de Bellion détourné par Sorin (78e), puis des centres de Varrault (88e) et Koné (90e), qui ne trouvèrent pas preneurs, jalonnèrent la malhabile rébellion azuréenne.

Au bout d’une finale pas aussi heurtée que le bilan de cartons ne le laisse croire, M. Layec pouvait siffler le départ du sprint le plus monumental de la carrière de Pablo Correa. Plus d’une demi-heure après, l’entraîneur nancéien, venu humer une dernière fois l’air du Stade de France en solitaire, était encore le plus heureux des hommes.


Avis Latérale Nissart

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Réactions

Frédéric Antonetti:

"C’est cruel. Il y avait évidemment beaucoup de déception et de tristesse dans les vestiaires. Le football nous a été contraire. On est passé à côté de notre finale. Nancy a joué son football, très réaliste, on n’a pas joué le nôtre. Tout le monde nous avait donné favoris, mais on n’a pas su assumer. On a complètement raté notre première mi-temps. Après, le match aurait pu tourner en notre faveur puisque Nancy marque sur sa seule action de la deuxième mi-temps. Ce deuxième but nous fait très mal, car il vient trop vite. Le manque d’expérience nous a fait très mal. L’OGCN veut grandir, il faut reconnaître que c’est un coup d’arrêt. Mais l’échec fait partie d’un club. "

Pablo Correa :

"Pour nous, il valait mieux ne pas venir dans la peau du favori. Ce résultat tient à peu de choses, il fallait un coeur énorme et c'est ce qu'on a mis en avant aujourd'hui. A dix, c'est très difficile de marquer mais on a eu l'opportunité de le faire et de faire la différence. Avant de commencer la partie, c'est une guerre tactique puis une adaptation au déroulement. Ensuite, on jette la pièce et c'est un détail qui fait la différence. Nice a des attaquants qui prennent très bien les espaces et on a vu qu'il suffisait d'une seule échappée de Koné pour nous faire du mal... On a rempli notre tâche tactiquement et notre milieu de terrain a fait un gros boulot."

David Bellion:

" C’est une énorme déception, ça fait mal au cœur. C’est vrai qu’on a sans doute pas pris ce match comme on le devait. En première mi-temps, on a fait quelques belles choses. Dès qu’on enchaînait deux ou trois passes, on a réussi à les bouger mais on ne l’a pas fait suffisamment. En deuxième mi-temps, on s’est un peu réveillés grâce à l’entraîneur et on a été meilleurs. Mais Nancy a fait son match. C’est une équipe solide, agressive, joyeuse et qui joue un peu à l’anglaise. On est passé à côté de notre match mais on a prouvé ces dernières semaines qu’on avait des acquis. "

Samy Traoré:

" On est passé complètement à côté de notre première mi-temps. Je ne peux pas expliquer pourquoi. On avait du mal à trouver nos milieux et nos attaquants. Derrière, on n’avait pratiquement aucune solution. Peut-être est-ce le contexte et l’environnement du Stade de France qui nous a été fatal. Ensuite, on a mieux débuté en deuxième période, on avait le monopole du jeu, même si on n’était pas très bon, et on a eu la chance d’égaliser. Mais le deuxième but de Nancy nous a carrément tués. Le match était plié."