Bakary Kone a toute vitesse

Le Parisien

 



Plus petit attaquant de Ligue 1 par la taille (1,63 m), le Niçois Bakary Koné a fait étalage de son talent samedi face à Lille (2-1). Son doublé — sixième et septième réalisation en championnat—permet à l'OGC Nice de sortir de la zone rouge. Le premier but est un modèle de vitesse et de dribbles, ses principales forces. Lancé en profondeur par Diakité, Koné se faufile entre Bodmer, passé défenseur central suite à lexclusion de Plestan, et Tafforeau.

Ces duels gagnés en vitesse pure, il poursuit par un double contact pour éviter la sortie de Sylva et marquer. Un enchaînement de haut niveau réalisé par un attaquant au talent reconnu,mais à la réussite longtemps en berne cette saison. « Comme chacun, il manquait de confiance en début de championnat », explique son gardien, Hugo Lloris.

« Un joueur de Ligue des champions »

Peu enclin à parler de lui, l'Ivoirien, ex-académicien de Jean-Marc Guillou, s'inscrit systématiquement dans l'oeuvre collective. « Evoquer mon état de forme actuelle ? interroge-t-il. Ce n'est pas la peine. Toute l'équipe est en forme. Je n'ai jamais douté. J'ai toujours cru en nos capacités. » Toutefois, samedi soir, son entraîneur Frédéric Antonetti n'a pas hésité à le mettre en lumière. Lui, qui a toujours dit que son attaquant était « un joueur de Ligue des champions » et qu'il rejoindrait « un jour un très grand club », a lancé : « Comme on pouvait le penser à son arrivée, Baky est en train d'exploser. » Pourtant, ce n'est que depuis l'arrivée de Lilian Laslandes que l'Ivoirien, auteur d'un but phénoménal lors de la dernière Coupe du monde face aux Pays-Bas, a pris une nouvelle dimension. « Sa venue a fait du bien à toute l'équipe, pas uniquement à moi », élude Koné.

Le capitaine, Olivier Echouafni, est plus radical : «Cet apport lui a fait énormément de bien, assure-t-il. Lilian a toujours fait briller les attaquants avec lesquels il a évolué. Il monopolise plusieurs adversaires et crée des brèches pour Baky, qui tente plus, marque et est donc plus en confiance. » Meilleur joueur de Ligue 2 avec Lorient en 2005, Koné, 24 buts à l'époque, s'est enfin totalement acclimaté à l'élite. « Il a retrouvé le moral,conclut Laslandes. A la vue de ses qualités de vitesse, lorsqu'il est bien dans sa tête, il est impossible à arrêter. » Guillou, son formateur, le compare, lui, aux Allemands Müller et Seeler, « la vivacité en plus, la puissance en moins ». Il y a pire comme référence.