Ca ne fait pas l'affaire des niçois

 

Extrait L'Equipe, Latérale Nissart

 

 

Nice et Metz ne s'aiment pas. Et hier soir, ils ont entretenu leur forte inimitié dans de détestables proportions. L'histoire de cette mésentente cordiale avait commencé en 2002, quand les dirigeants des deux clubs avaient passé leur mois de juillet à s'arracher, sur le terrain juridique, le ticket en L 1 acquis sportivement par les promus azuréens.

Deux ans et demi plus tard, sur la pelouse, Niçois et Messins se battent toujours pour vivre au plus haut niveau. Hier soir, ils ont usé des pires vacheries. Tacles toujours limites, charges rudes, chamailleries en tout genre: l'attitude des joueurs de Rohr et de J. Fernandez contribuera, soyons en certains, à raviver des tensions qui, avec le temps, commençaient à s'apaiser. « C'était tendu car les deux formations avaient besoin de points. Dans les duels, on se rentrait dedans mais sans méchanceté » , jurait Sammy Traoré, genou abîmé.

Le bilan de la soirée parle de lui-même et Gernot Rohr est sans doute plus près de la vérité quand il évoque « un match très musclé. » « C'était plus un combat qu'autre chose, et la manière est devenue moins importante » , résume d'ailleurs Franck Signorino. En transformant chacune un penalty, les deux équipes ont pris un point. C'est mathématiquement acceptable pour Metz et décevant pour Nice. Mais la saveur de ce point est amère. Metz a certainement perdu Pompière (ligament latéral externe du genou droit) jusqu'à la fin de la saison, Nice déplore les blessures de Balmont, Agali (cheville) et de Traoré (genou).

« Je ne m'énerve jamais, plaidait Balmont sur la table de massage. Mais quand on prend des coups du début à la fin... C'est abusé. »

Dans ces redoutables conditions, ceux qui avaient la volonté de jouer eurent bien du mal à s'exprimer. Néanmoins, Ogbeche, côté messin, et Vahirua, côté niçois, tentaient de se faufiler entre les lames. Le Nigérian, au second poteau, allumait la première mèche de la tête (2e) puis une seconde, son tir en pivot étant habilement écarté par Grégorini (35e). Le Tahitien lui avait répliqué après que Pompière, à la suite d'un choc avec Agali, soit sorti sur une civière (24e). Il avait placé un coup franc au-dessus (32e), et n'avait été guère plus précis sur une frappe lointaine (34e). En revanche, son service pour Meslin était parfait mais le remplaçant d'Agali (sorti à son tour après un contact avec Meniri) gâchait l'offrande (43e).

Si l'on ajoute un essai lointain de Balmont contré par un Messin (26e), un missile de Diè détourné par Wimbée (28e) et une frappe du gauche de Grénet dans les nuages (45e + 1), Nice menait aux points à la pause.

Au coeur d'une seconde période moins animée, Metz allait placer un contre terrible. Ogbeche était accroché par Grenet, et Proment transformait le penalty à deux reprises (68e) avec l'aisance du parfait technicien qu'il est. Nice tenta alors de revenir. Allegro accrochait à peine Ederson. Vahirua transformait le second penalty de la soirée (77e). Nice aurait pu s'imposer si sa recrue brésilienne du mercato n'avait pas trouvé, face à lui, dans les arrêts de jeu, un Nimbée impeccable.

Pour finir, Gernot Rohr résumait le match en affirmant: « J'ai vu de la volonté, de la combativité, et du jeu, même, sur un terrain difficile à pratiquer. Nous avons malheureusement pêché dans le dernier geste, car il y avait la place et les occasions concrètes pour prendre l'avantage. »

Honnêtement, et à l'inverse de ce qu'affirme le coach niçois, les niçois n'ont jamais réellement pu mettre en danger l'équipe messine, hier soir.

Il y a vraiment un problème d'efficacité et de volonté dans l'équipe.

Qu'on le veuille ou non!

Car hormis quelques minutes après le penalty niçois, les niçois ont montré une qualité de jeu terne et passive.

Pas réjouissant pour l'avenir.