David Bellion:

"Ici, c'est toute ma vie!"

 

Extrait

 

 

Tes premières impressions de ce retour sur la côte ?

Elles sont simples... J'ai grandi ici, je suis parti durant quatre, cinq ans en Angleterre et je reviens avec une très grande motivation. J'ai vraiment envie de goûter à cette L1 que je ne connais pas, et d'autant plus avec l'OGC Nice, un club dynamique qui veut construire quelque chose d'intéressant.

Tu reviens pour mieux repartir ?

Surtout pour prouver ce dont je suis capable. J'ai choisi de venir à Nice, ce n'est pas une décision par dépit, bien au contraire. Je ne suis pas là depuis longtemps, mais j'ai rapidement pu me rendre compte qu'il y a de très belles choses à faire ici.

Qu'est-ce qui t'a sauté aux yeux dès ton arrivée ?

Dès le premier entraînement, j'ai vu des joueurs qui ont faim, de partout ici, on sent une grande envie d'avancer. Ça saute aux yeux ! Je retrouve cette mentalité du Sud que j'avais connue plus jeune, c'est une sensation bizarre, étrange même. Dès la fin de mon premier entraînement, des supporters sont venus me voir et m'ont dit qu'ils attendaient beaucoup. On sent une ferveur exceptionnelle.

Que reste-t-il du jeune homme qui a quitté Cannes pour Sunderland dans un relatif anonymat il y a cinq ans ?

L'homme n'a pas changé, je sais d'où je viens. J'ai grandi à Cannes avec ma mère et mon beau-père qui malheureusement est décédé, ils m'ont inculqué des valeurs que j'ai toujours conservées. Après tout, je ne fais que courir derrière un ballon, il faut relativiser, cela ne fait pas de moi quelqu'un d'autre, même si je fais un métier médiatique et très bien payé. C'est en Angleterre que j'ai vraiment compris cela. J'y ai appris beaucoup d'autre choses aussi, mais cette mentalité britannique a vraiment fait évoluer ma vision du football et de la vie en général.

En tout cas, l'avantage en signant à Nice c'est que tu ne vas pas devoir t'adapter à la vie locale comme dans un pays, une région ou une ville que tu ne connaîtrais pas...

C'est vrai qu'ici, j'ai le gros avantage d'être dans un contexte idéal. Je suis né à Paris, mais je suis arrivé à Cannes à trois ans... Ici, c'est toute ma vie, ma mère, mes amis, mon enfance. Je redécouvre plein de choses, c'est quand même spécial... En tout cas, je suis vraiment heureux.
 

Même loin, il semble que ton cœur n'ait jamais quitté la Côte...

Ça c'est sûr ! Tous mes amis sont là, pour la plupart joueurs amateurs à Rocheville, StRaphaël ou Draguignan, et même s'il faut me réhabituer à la vie française, retrouver mes proches et mes repères me fait quand même beaucoup de bien. Par exemple, le Gym s'entraîne au Parc des Sports, un endroit où j'ai souvent joué quand j'étais à Cannes. Je me souviens de la terre du Parc 9, je m'y suis fait quelques pizzas... D'ailleurs il y a un synthétique maintenant, ça a changé. En fait, je redécouvre la région...

Qu'est-ce que tu vas regretter de ton quotidien anglais ?

Je n'ai pas de regret en particulier. Comme je vous l'ai dit, le plus difficile est de se refaire à la vie française. Quand on reste cinq ans dans un pays étranger, on se fait des repères, on se sent ancré dans la mentalité locale. Même si je suis souvent revenu à Cannes pour les vacances, ou dès que j'avais un petit moment de libre, je me suis fondu dans la mentalité anglaise... La vie est tellement différente là-bas. Alors quitter l'Angleterre après cinq ans et revenir sur la Côte, c'est un double effet pour moi.

Niveau foot, la Premier League c'est un autre monde. Tu confirmes?

Chaque championnat a ses qualités et ses défauts. Le championnat anglais n'est peut-être pas le meilleur, mais il draine quand même une culture unique au monde. Là-bas, les enfants naissent avec le maillot du club de leurs parents ! Les matchs de niveau CFA passent à la télé et plusieurs milliers de spectateurs y assistent ! Le football est un mode de vie en Angleterre.

Tu as dû voir le ballon te passer souvent au-dessus de la tête non ?

Au niveau du jeu, le championnat a beaucoup progressé techniquement même si ça joue toujours un peu en l'air. Quand on vient d'un pays latin, c'est toujours surprenant et difficile à assimiler, mais on s'y fait. Des fois,
on demande le ballon dans les pieds et il passe au-dessus, mais ça avance. Les grands clubs comme Manchester n'ont d'ailleurs rien à envier à leurs homologues européens en terme de qualité de jeu. MU a quand même sorti Scholes et Giggs de son école de foot, ce sont quand même de sacrés joueurs sur le plan technique. Mais d'une manière générale, les clubs anglais ont une approche beaucoup moins tactique. Ils s'y mettent tout doucement, mais conservent leurs valeurs de toujours. Il y a de l'engagement, de l'intensité, un impact physique exceptionnel. C'est dans leurs racines.

Que répondrais-tu à ceux qui continuent d'affirmer que les défenses anglaises ne valent rien ?

Que ce n'est pas si évident que ça. Il faut dire que beaucoup de progrès ont été faits dans ce domaine. Il y a peut-être moins de vivacité, et encore, mais je peux vous dire que quand un gars se met sur votre dos, vous passez souvent quelques mauvais moments. Ils ont une gnac extraordinaire, une mentalité de fer, et même si c'est par petits pas, ils se mettent au diapason de ce qui se fait de mieux en Europe.

En juillet dernier, alors que tu étais déjà en contact avec Nice, tu as préféré rester en Angleterre sur les conseils de Sir Alex Ferguson. Quels étaient ses arguments ?

On s'est vu et tout a été réglé très vite. Le coach voulait me voir évoluer en Premier League et m'a conseillé de rejoindre West Ham. Il ne m'a pas forcé, il m'a simplement mis sur la voie. D'ailleurs, malgré mes difficultés à West Ham, je ne regrette pas de l'avoir écouté. J'ai fait ce qu'il fallait faire sur le moment, malheureusement cela n'a pas marché pour moi là-bas.

Comment l'expliques-tu ?

Je pense qu'avec Jérémie Alliadière, qui lui était prêté par Arsenal, nous ne sommes pas arrivés au bon moment. La préparation était déjà terminée, le coach avait son équipe pour débuter le championnat et nous n'avons jamais vraiment été intégrés. C'était une galère étrange, on ne nous donnait que des bouts de match. Comme il y a eu de bons résultats, cela ne nous a pas aidés non plus, mais ce n'était pas très constructif comme approche. Moi j'ai joué deux matchs dont un contre Liverpool, puis plus rien... J'avais un peu l'impression de ne servir à rien et en plus, je me suis blessé !

Nice, c'est une revanche ?

Je n'ai pas de revanche à prendre. Je suis là pour prouver. Quand Nice s'est manifesté, je me suis dit qu'il ne fallait pas laisser passer cette chance. Maintenant, j'ai cinq mois pour prouver ce dont je suis capable. Croyez-moi, je vais tout donner pour ce club qui m'accueille à bras ouverts. Je ne suis pas ingrat, ni avare d'efforts et j'ai vraiment envie de jouer, de faire de grandes choses ! Frédéric Antonetti voudrait m'utiliser devant, son discours m'a emballé car ces dernières saisons, je jouais un peu contre nature sur le côté droit. J'ai envie de retrouver le chemin des filets et je compte bien le faire le plus rapidement possible.

Contre Nantes ?

Je règle encore quelques petits problèmes de papiers, mais normalement je devrais être qualifié pour ce match. Si le coach fait appel à moi, pourquoi pas (rire)...


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